BOOK REVIEW

Salammbo, Gustave Flaubert

Anna Kowalska

1/9/26

Je commence l’année avec Salammbô, de Gustave Flaubert, inspiré de ses voyages en Orient. Je n'ai pas dû fréquenter les mêmes clubs de vacances. Les tuniques moulantes, les Maciste en sandales, bien huilés et gonflés aux stéroïdes, les princesses qui s'aèrent le nombril, maquillées comme Nina Hagen, ce n'est pas ma tasse de thé à la menthe. Mais c’est pour moi un véritable coup de cœur littéraire. Dès l'incipit, le ton est donné. A la fois d'une simplicité désarmante, d'une poésie inouïe et d'un exotisme flamboyant. Cela ressemble au début d'une fable, avec cette phrase sonore et harmonieuse qui sonne comme un haïku et qui invite à dérouler les pages. 

C'est un roman énorme comme les éléphants qui traversent les pages, détruisent tout sur leur passage. L'imaginaire de Flaubert est ici à son comble. Un tourbillon d'images. Un déferlement de sensations, d'émotions, de passion amoureuse. 

Je vous pose rapidement l'intrigue. Nous sommes au IIIe siècle avant J.C., après la première guerre punique. Les riches marchands de Carthage, plus soucieux de leurs richesses que de la ville, refusent de payer ce qu'ils doivent à l'armée de mercenaires qui a vaillamment combattu Rome auprès d'Hamilcar, le plus grand général carthaginois. Ils décident alors de se révolter et d'attaquer la ville. C'est le carnage à Carthage. 

Un homme, le chef des mercenaires, le libyen Mâtho tombe alors éperdument amoureux de cette vierge divine. De cette rencontre va naître une liaison fatale, qui va précipiter tout le monde dans la guerre, une guerre sans merci, conquête du pouvoir, conquête de Carthage, conquête de Salammbô.  Après cela, toutes les scènes d'amour que vous rencontrerez dans les autres romans vous paraîtront bien fades.

C'est un récit d'une très grande férocité. Les mots de Flaubert dans leur justesse sont là aussi pour dire l'innommable. Dans ce désastre et cette folie, Salammbô n'incarne pas que la passion amoureuse, c'est une femme fatale, damnée, comme celles des récits de la mythologie qui ont causé des guerres, précipité la chute d'empires par leur beauté et leur mystère. Comment ne pas penser alors à Hélène, à la guerre de Troie, à l'Iliade?

Il y a une justesse de l'écriture, c'est comme un chant lyrique, une sorte d'opéra, c'est un péplum en prose poétique, ce sont des mots teintés d'odeurs et de couleurs, pour dire l'horreur, les guerres, la folie humaine.La beauté fluide de l'écriture de Salammbô est intemporelle. Elle est envoûtante et dévastatrice comme les armées qui s'affrontent sous le soleil de Carthage pour Salammbô. C'est juste beau.

BOOK REVIEW

Salammbo, Gustave Flaubert

Anna Kowalska

1/9/26

Je commence l’année avec Salammbô, de Gustave Flaubert, inspiré de ses voyages en Orient. Je n'ai pas dû fréquenter les mêmes clubs de vacances. Les tuniques moulantes, les Maciste en sandales, bien huilés et gonflés aux stéroïdes, les princesses qui s'aèrent le nombril, maquillées comme Nina Hagen, ce n'est pas ma tasse de thé à la menthe. Mais c’est pour moi un véritable coup de cœur littéraire. Dès l'incipit, le ton est donné. A la fois d'une simplicité désarmante, d'une poésie inouïe et d'un exotisme flamboyant. Cela ressemble au début d'une fable, avec cette phrase sonore et harmonieuse qui sonne comme un haïku et qui invite à dérouler les pages. 

C'est un roman énorme comme les éléphants qui traversent les pages, détruisent tout sur leur passage. L'imaginaire de Flaubert est ici à son comble. Un tourbillon d'images. Un déferlement de sensations, d'émotions, de passion amoureuse. 

Je vous pose rapidement l'intrigue. Nous sommes au IIIe siècle avant J.C., après la première guerre punique. Les riches marchands de Carthage, plus soucieux de leurs richesses que de la ville, refusent de payer ce qu'ils doivent à l'armée de mercenaires qui a vaillamment combattu Rome auprès d'Hamilcar, le plus grand général carthaginois. Ils décident alors de se révolter et d'attaquer la ville. C'est le carnage à Carthage. 

Un homme, le chef des mercenaires, le libyen Mâtho tombe alors éperdument amoureux de cette vierge divine. De cette rencontre va naître une liaison fatale, qui va précipiter tout le monde dans la guerre, une guerre sans merci, conquête du pouvoir, conquête de Carthage, conquête de Salammbô.  Après cela, toutes les scènes d'amour que vous rencontrerez dans les autres romans vous paraîtront bien fades.

C'est un récit d'une très grande férocité. Les mots de Flaubert dans leur justesse sont là aussi pour dire l'innommable. Dans ce désastre et cette folie, Salammbô n'incarne pas que la passion amoureuse, c'est une femme fatale, damnée, comme celles des récits de la mythologie qui ont causé des guerres, précipité la chute d'empires par leur beauté et leur mystère. Comment ne pas penser alors à Hélène, à la guerre de Troie, à l'Iliade?

Il y a une justesse de l'écriture, c'est comme un chant lyrique, une sorte d'opéra, c'est un péplum en prose poétique, ce sont des mots teintés d'odeurs et de couleurs, pour dire l'horreur, les guerres, la folie humaine.La beauté fluide de l'écriture de Salammbô est intemporelle. Elle est envoûtante et dévastatrice comme les armées qui s'affrontent sous le soleil de Carthage pour Salammbô. C'est juste beau.

BOOK REVIEW

Salammbo, Gustave Flaubert

Anna Kowalska

1/9/26

Je commence l’année avec Salammbô, de Gustave Flaubert, inspiré de ses voyages en Orient. Je n'ai pas dû fréquenter les mêmes clubs de vacances. Les tuniques moulantes, les Maciste en sandales, bien huilés et gonflés aux stéroïdes, les princesses qui s'aèrent le nombril, maquillées comme Nina Hagen, ce n'est pas ma tasse de thé à la menthe. Mais c’est pour moi un véritable coup de cœur littéraire. Dès l'incipit, le ton est donné. A la fois d'une simplicité désarmante, d'une poésie inouïe et d'un exotisme flamboyant. Cela ressemble au début d'une fable, avec cette phrase sonore et harmonieuse qui sonne comme un haïku et qui invite à dérouler les pages. 

C'est un roman énorme comme les éléphants qui traversent les pages, détruisent tout sur leur passage. L'imaginaire de Flaubert est ici à son comble. Un tourbillon d'images. Un déferlement de sensations, d'émotions, de passion amoureuse. 

Je vous pose rapidement l'intrigue. Nous sommes au IIIe siècle avant J.C., après la première guerre punique. Les riches marchands de Carthage, plus soucieux de leurs richesses que de la ville, refusent de payer ce qu'ils doivent à l'armée de mercenaires qui a vaillamment combattu Rome auprès d'Hamilcar, le plus grand général carthaginois. Ils décident alors de se révolter et d'attaquer la ville. C'est le carnage à Carthage. 

Un homme, le chef des mercenaires, le libyen Mâtho tombe alors éperdument amoureux de cette vierge divine. De cette rencontre va naître une liaison fatale, qui va précipiter tout le monde dans la guerre, une guerre sans merci, conquête du pouvoir, conquête de Carthage, conquête de Salammbô.  Après cela, toutes les scènes d'amour que vous rencontrerez dans les autres romans vous paraîtront bien fades.

C'est un récit d'une très grande férocité. Les mots de Flaubert dans leur justesse sont là aussi pour dire l'innommable. Dans ce désastre et cette folie, Salammbô n'incarne pas que la passion amoureuse, c'est une femme fatale, damnée, comme celles des récits de la mythologie qui ont causé des guerres, précipité la chute d'empires par leur beauté et leur mystère. Comment ne pas penser alors à Hélène, à la guerre de Troie, à l'Iliade?

Il y a une justesse de l'écriture, c'est comme un chant lyrique, une sorte d'opéra, c'est un péplum en prose poétique, ce sont des mots teintés d'odeurs et de couleurs, pour dire l'horreur, les guerres, la folie humaine.La beauté fluide de l'écriture de Salammbô est intemporelle. Elle est envoûtante et dévastatrice comme les armées qui s'affrontent sous le soleil de Carthage pour Salammbô. C'est juste beau.