Borsalino, mon voisin et ma casquette
Fabrice d'Alméida
C’est une simple casquette. Mais pas n’importe laquelle. Sur le côté, elle a un sigle, composé à l’aide d’une barrette en métal doré : Borsalino. La légendaire marque de chapeau s’est diversifiée et fait maintenant des casquettes de baseball dont la coupe est très soignée, mais dont le modèle est aussi simple que celui des clubs américains. Je la vois dans la vitrine d’une échoppe avec curiosité.
Borsalino dans mon enfance était un nom qui comptait. Un film l’avait fait entrer dans la légende. Borsalino, sorti en 1970, était un événement car il rassemblait deux stars du cinéma français, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. L’histoire racontait l’ascension de deux gangsters dans le Marseille des années 1920. Les costumes étaient rutilants et les paillettes à foison. La musique était devenue un succès populaire. Je comprenais mal le titre et posais la question à mon voisin d’en face, M. Guenassia. C’est un grand bonhomme, originaire de Tunisie, qui passait son temps à faire des réussites et qui portait, à l’occasion, un beau chapeau. Il avait la réponse. « Ce sont leurs chapeaux, ils sont caractéristiques d’une marque italienne : Borsalino, justement ». Ma curiosité était piquée. Je voulais comprendre.
J’allais sur les grands boulevards. À l’époque, il y avait plusieurs magasins de couvre-chef. J’entrais dans l’un d’eux et je demandais s’ils avaient des Borsalinos. J’en essayais plusieurs. Pas du tout bien pour ma tête. Par la suite, j’en ai essayé d’autres. Aucun ne m’a jamais été : trop larges, trop sérieux, trop Monsieur. Mais je voyais bien qu’ils étaient d’une qualité excellente, avec un dessin qui allait bien aux autres.
Il faut dire que cette entreprise romagnole fondée en 1857 est une référence mondiale. Elle a accompagné les migrants italiens partout sur la planète puis s’est imposée comme un produit de luxe à partir des années 1950. Elle appartient maintenant à l’univers de la mode.
Quand j’ai finalement mis la casquette sur ma tête, j’ai senti qu’elle était à la bonne taille. Pas besoin de réglage. Un sentiment de bien-être m’a envahi. Je n’aime pas les marques. Mais le sigle était suffisamment discret pour ne pas être lisible. J’ai trouvé qu’elle m’allait bien. Ma compagne m’a regardé et m’a dit : « Superbe ! Je te l’offre ». Depuis j’ai du mal à la retirer. J’ai l’impression d’être un gangster des années 1930, avec ma coiffe des années 2020. Surtout, j’ai enfin mon Borsalino !
Borsalino, mon voisin et ma casquette
Fabrice d'Alméida
C’est une simple casquette. Mais pas n’importe laquelle. Sur le côté, elle a un sigle, composé à l’aide d’une barrette en métal doré : Borsalino. La légendaire marque de chapeau s’est diversifiée et fait maintenant des casquettes de baseball dont la coupe est très soignée, mais dont le modèle est aussi simple que celui des clubs américains. Je la vois dans la vitrine d’une échoppe avec curiosité.
Borsalino dans mon enfance était un nom qui comptait. Un film l’avait fait entrer dans la légende. Borsalino, sorti en 1970, était un événement car il rassemblait deux stars du cinéma français, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. L’histoire racontait l’ascension de deux gangsters dans le Marseille des années 1920. Les costumes étaient rutilants et les paillettes à foison. La musique était devenue un succès populaire. Je comprenais mal le titre et posais la question à mon voisin d’en face, M. Guenassia. C’est un grand bonhomme, originaire de Tunisie, qui passait son temps à faire des réussites et qui portait, à l’occasion, un beau chapeau. Il avait la réponse. « Ce sont leurs chapeaux, ils sont caractéristiques d’une marque italienne : Borsalino, justement ». Ma curiosité était piquée. Je voulais comprendre.
J’allais sur les grands boulevards. À l’époque, il y avait plusieurs magasins de couvre-chef. J’entrais dans l’un d’eux et je demandais s’ils avaient des Borsalinos. J’en essayais plusieurs. Pas du tout bien pour ma tête. Par la suite, j’en ai essayé d’autres. Aucun ne m’a jamais été : trop larges, trop sérieux, trop Monsieur. Mais je voyais bien qu’ils étaient d’une qualité excellente, avec un dessin qui allait bien aux autres.
Il faut dire que cette entreprise romagnole fondée en 1857 est une référence mondiale. Elle a accompagné les migrants italiens partout sur la planète puis s’est imposée comme un produit de luxe à partir des années 1950. Elle appartient maintenant à l’univers de la mode.
Quand j’ai finalement mis la casquette sur ma tête, j’ai senti qu’elle était à la bonne taille. Pas besoin de réglage. Un sentiment de bien-être m’a envahi. Je n’aime pas les marques. Mais le sigle était suffisamment discret pour ne pas être lisible. J’ai trouvé qu’elle m’allait bien. Ma compagne m’a regardé et m’a dit : « Superbe ! Je te l’offre ». Depuis j’ai du mal à la retirer. J’ai l’impression d’être un gangster des années 1930, avec ma coiffe des années 2020. Surtout, j’ai enfin mon Borsalino !
Borsalino, mon voisin et ma casquette
Fabrice d'Alméida
C’est une simple casquette. Mais pas n’importe laquelle. Sur le côté, elle a un sigle, composé à l’aide d’une barrette en métal doré : Borsalino. La légendaire marque de chapeau s’est diversifiée et fait maintenant des casquettes de baseball dont la coupe est très soignée, mais dont le modèle est aussi simple que celui des clubs américains. Je la vois dans la vitrine d’une échoppe avec curiosité.
Borsalino dans mon enfance était un nom qui comptait. Un film l’avait fait entrer dans la légende. Borsalino, sorti en 1970, était un événement car il rassemblait deux stars du cinéma français, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. L’histoire racontait l’ascension de deux gangsters dans le Marseille des années 1920. Les costumes étaient rutilants et les paillettes à foison. La musique était devenue un succès populaire. Je comprenais mal le titre et posais la question à mon voisin d’en face, M. Guenassia. C’est un grand bonhomme, originaire de Tunisie, qui passait son temps à faire des réussites et qui portait, à l’occasion, un beau chapeau. Il avait la réponse. « Ce sont leurs chapeaux, ils sont caractéristiques d’une marque italienne : Borsalino, justement ». Ma curiosité était piquée. Je voulais comprendre.
J’allais sur les grands boulevards. À l’époque, il y avait plusieurs magasins de couvre-chef. J’entrais dans l’un d’eux et je demandais s’ils avaient des Borsalinos. J’en essayais plusieurs. Pas du tout bien pour ma tête. Par la suite, j’en ai essayé d’autres. Aucun ne m’a jamais été : trop larges, trop sérieux, trop Monsieur. Mais je voyais bien qu’ils étaient d’une qualité excellente, avec un dessin qui allait bien aux autres.
Il faut dire que cette entreprise romagnole fondée en 1857 est une référence mondiale. Elle a accompagné les migrants italiens partout sur la planète puis s’est imposée comme un produit de luxe à partir des années 1950. Elle appartient maintenant à l’univers de la mode.
Quand j’ai finalement mis la casquette sur ma tête, j’ai senti qu’elle était à la bonne taille. Pas besoin de réglage. Un sentiment de bien-être m’a envahi. Je n’aime pas les marques. Mais le sigle était suffisamment discret pour ne pas être lisible. J’ai trouvé qu’elle m’allait bien. Ma compagne m’a regardé et m’a dit : « Superbe ! Je te l’offre ». Depuis j’ai du mal à la retirer. J’ai l’impression d’être un gangster des années 1930, avec ma coiffe des années 2020. Surtout, j’ai enfin mon Borsalino !
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